"NU" en automne
au "Lac"

Nouvelle exposition : "NU" résinopigmentypes de Jacques Bastide.

Les "années folles", des positifs sur verre d'époque... trouvés aux puces et retravaillés par Jacques Bastide avec le procédé ancien du résinopigmentype.

Des clichés d'anonymes sur le thème du "nu féminin" proposant une réflexion sur l'image de la femme et du nu féminin en photographie...

... jusqu'au 31 octobre 2020


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Exposition (2020) "Nu"

Jacques Bastide

Du 25 septembre au 31 octobre 2020

Nous sommes dans les années folles, en 1924 plus précisément, c'est le seul indice que livrait la boîte contenant les plaques de verre, lorsque Jacques Bastide l'a trouvée sur un marché aux Puces. Elle abritait cette mystérieuse série de nus photographiques, que l'artiste fait renaître aujourd'hui par le biais d’une technique ancienne, complexe et alchimique : le résinopigmentype*. Les tirages sont splendides, l'utilisation de ce procédé est particulièrement adaptée au sujet traité. La profondeur des images est accentuée par la matité des pigments, leur densité fait ressortir le velouté des textures.

« NU », ce titre dépouillé, choisi par Jacques Bastide, parle bien sûr du sujet, il dénote également l'impossibilité à qualifier davantage ces images « dénu(d)ées » de leur paternité originelle, l'auteur des clichés demeurant inconnu. Nus, nous le sommes aussi, en tant que spectateurs, libres d'inventer le contexte, l'intention de l'auteur mais aussi conditionnés par nos stéréotypes, notre culture, nos projections, nos fantasmes...

L'exposition s'ouvre sur l'image de deux jeunes femmes rieuses aux cheveux courts et bouclés. Les pieds dans l'eau, au bord de la mer, les deux amies, complices, sourient au photographe : l'une d’elle a mis à l'oreille un gros coquillage, la seconde la tient par le bras et voudrait bien entendre aussi le bruit de l'eau à travers la fente du mollusque. À mesure qu'on progresse dans la visite, la pluralité des registres nous questionne. La majorité des photographies sont le produit de mises en scènes savamment orchestrées, dans un but érotique : les femmes posent sur des coussins, des tapis richement décorées ; l'une d’elle est assise sur une peau de tigre, une autre est allongée sur une console Henri II, dans une position sensuelle autant qu'inconfortable. Il y a des ors, des moulures, des miroirs. Nous sommes dans un intérieur bourgeois, esprit boudoir, qui peut être une maison close ou l'appartement cossu d’une famille bourgeoise. Les jeunes femmes sont maquillées, coiffées pour la séance. Un accessoire entre parfois dans le décor, laissant place à l'imaginaire : le combiné d’un téléphone, une poupée ou un gros ballon tenu rêveusement du bout des doigts comme une mappemonde. L'aspect érotique est néanmoins légèrement gommé par le choix des poses académiques de profil, hormis quand le regard happé par le reflet d'un miroir se fait plus explicite ou lorsqu'il s'adresse à une personne hors champ.

À côté de ces clichés, on découvre d'autres images, très différentes, sans connotation sexuelle. Le photographe expérimente, il innove dans les cadrages, à l'instar des constructivistes, tels que Rodchenko ou des photographes de « la Nouvelle Vision » qu'étaient Germaine Krull ou Jean Moral. Il adopte des angles de prises de vues originaux : plongée sur un corps allongé sur des rochers, effet de raccourci créé par la contre-plongée. Il maitrise aussi le registre classique : la photographie d’une jeune femme de profil, fine et musclée, bandant un arc, reprend les codes esthétiques du nu grec. Certaines images, nous renvoient étonnement à des photographes d'aujourd’hui : on pense à Araki pour la photographie de bondage, à Helmut Newton pour la femme au corps sculptural posant sur un toit avec pour seul accessoire une paire de lunettes de soleil. Comme dans sa précédente exposition « AFRIQUE », qui nous questionnait sur notre passé colonialiste, Jacques Bastide, nous renvoie à nouveau à la thématique de l'image comme produit d'une culture, d'une vision. En sortant de l'exposition, l'interrogation première sur l'auteur, s'est doublée d'une réflexion plus profonde, esthétique autant que politique, sur la représentation des corps féminins dans notre société occidentale et la possibilité pour les femmes de se réapproprier leur image au delà de la vision masculine prédominante.

© Martine Guillerm

* Ce procédé photographique allie les principes d'apparition de la photographie (insolation d'un cliché positif sur un papier enduit de gélatine) et ceux de la peinture, par l'utilisation de pigments passés au pinceau, qui colorent plus ou moins les zones photo-sensibilisées.

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